LOU DEMONTIS

Chemise ouverte, guitare en bandoulière et invariable cheveu dense : Lou Demontis, une voix et un visage que tout fan de rock authentique a quelque part en mémoire. Sur près de quatre décennies de carrière, chaque nouvelle génération a pu danser sur les airs endiablés de celui que l’on surnommait déjà dans les 80’s le Honkytonk Man.
Les années 2010 ont vu s’enchaîner les concerts : après avoir passé un an supplémentaire sur la route à distiller son rock teinté de folk et de pop, héritage d’une ère musicale qu’il souhaite restituer intacte, le chanteur itinérant ne compte pas en rester là.
Aux prémices d’un nouvel opus à paraître, l’on se remémore ses débuts en 1979 lorsque son groupe Ciné Palace, signé chez Phonogram, faisait déjà des émeutes au Palais des Sports, au Gibus ou à l’Olympia.

La prestation du groupe lors de la fête de l’huma attire l’attention sur Lou qui se voit offrir une opportunité de carrière en solo avec un premier album chanté en anglais chez New Records (distributeur français de Metallica). Pourtant la production du disque tourne court lorsque le patron du label s’exile aux USA et omet de payer le studio. Lou se console en devenant propriétaire de ses masters grâce à l’appui de l’ingénieur du son.

En phase avec ses influences musicales anglo-saxonnes, il part s’installer à Londres. Ses enregistrements lui permettent d’intégrer aisément le milieu musical hype Londonien. Au milieu des années 80, alors que le rock prend de multiples virages, Lou se produit régulièrement en concert avec un son fidèle aux racines du rock’n roll. Il est remarqué par plusieurs labels et éditeurs qui ne souhaitent le signer qu’à condition qu’il emploie ses compétences dans la production d’autres artistes au son rock formaté à la sauce disco, ce qu’il refuse.
Le succès vient à l’aube des années 90 lorsqu’ il fonde un nouveau projet : The Flame Tattoo. Le groupe est produit par Peter Martinsen (Prince, Paula Abdul, Rita Mitsouko, Jean Louis Aubert...) et distribué par Tower Records Worldwilde.
La formation avec Lou au chant se lance dans quatre tournées en Grande-Bretagne incluant plusieurs dates au Marquee Club de Londres. S’ensuit une tournée américaine qui a pour point d’orgue le mythique CBGB à New York, où le public croit assister à la représentation d’un groupe anglais : Lou profite de cette confusion pour accélérer leur notoriété naissante avec les titres phares «Good Loving» et «You and I», que le magazine Rock’n Folk traduit alors en ces mots : « Rares sont les groupes français traversant la Manche qui réussissent à percer sur le front anglais (...) Flame Tattoo fait partie de ces groupes qui ont délaissé Paris et la France pour Londres en vue d’un avenir musical plus étoffé (...) On les surnomme déjà les Aerosmith anglais ».
En parallèle Lou collabore avec Brian Lane, ex-manager de Yes, et travaille à la promotion internationale de plusieurs artistes à succès via les labels Arista US, Go Go Girl ou son propre label Outlaw Records, distribué par Media 7 en France, Tower Records pour les USA et UK ainsi que Northern Distribution au Japon. Cette nouvelle activité l’accapare au détriment de son groupe, même si lors d’un voyage à Tokyo pour la promotion de quelques artistes dont The Flame Tattoo, il s’étonne d’entendre «Good Loving» tourner déjà sur quelques radios.
2007 voit le retour de Lou Demontis à Paris. Ses nombreux souvenirs, s’entremêlant aux sentiments éprouvés par son retour en France, s’avèrent une puissante source d’inspiration puisqu’ il sort pratiquement chaque année un nouvel album en solo. C’est l’album On The Avenue, sorti en 2012 et distribué par Socadisc, qui marque un véritable tournant dans son parcours : en effet le disque contient la réédition d’un de ses standards rock’n roll, le tube «Come On», composé à l’époque de ses premiers concerts. Le titre cartonne sur les réseaux sociaux, devenant son plus grand succès qu’il interprète en ouverture du Printemps de Bourges 2013. L’événement fut le point de départ de son retour sur scène, la guitare de nouveau en bandoulière. «On the road forever» comme il aime dire...